Diverses interventions sur les bassins versants de la Clamoux et de l'Argent-Double
Dimanche 8 mars, après avoir vérifié la veille la couverture GSM du site du pluviomètre de la grotte de Limousis, le boitier de télétransmission « Limousis-grotte » n° 232180 était connecté au pluviomètre Davis existant. Quelques adaptations simples ont permis de raccorder la câble de l’ancien logger EL-USB 5 dans le boitier TRMC-6 PULSE. Le signal est de qualité très correcte, les informations de pluie sont transmises sans report sur la page TDS. Ce module, aimablement cédé par Fabien, n’offre pas la possibilité de connecter une sonde thermique.
Lundi 9 mars, accompagné d’Henri, nous avons pu réinstaller la sonde de la station des Passerelles alors que le débit encore bien fort. L’installation est provisoire et conditionnée par le haut niveau et la turbulence du ruisseau. Après exactement 3 mois d’arrêt des mesures hydrométriques suite à l’arrachement de la sonde multiparamètre emportée par la vague du 15 décembre 2025, il devenait urgent de reprendre les enregistrements à une profondeur quelconque et provisoire qui vont permettre d’étalonner une nouvelle courbe de tarage car le lit a été spectaculairement modifié. Lorsque le ruisseau aura retrouvé un régime plus accueillant, l’étui définitif et une autre sonde de profondeur seront installés et permettront la continuité des séries par des enregistrements concomitants.
C’était une installation assez facile, comme d’habitude émaillée de jurons lorsque la pince « qui va bien » n’était pas trouvée dans la trousse à outils soigneusement préparée… la manipulation du perfo à fleur de l’eau dans un creux d’une paire de mètres creusé par la crue a été facilité par la coordination du binôme de choc qui s’entend à merveille pour parvenir au bout de la mission.
![]() |
| Les hautes eaux de cette fin d'hiver gênent considérablement les opérations de restauration des stations endommagées par la crue le 15 décembre 2025. |
| La dernière crue a décapé la paroi, il devenait dangereux d'atteindre le boîtier. Une passerelle a été posée au-dessus du vide pour sécuriser la traversée. |
Henri pouvait être ensuite libéré car le jaugeage de la section M9 est traditionnellement effectué en solitaire. La section habituellement jaugée avait été équipée de point d’accroche du double décamètre, des repères étaient mémorisés pour enchaîner les mesures, les crues successives les ont profondément fait disparaître. Le décamètre ruban a pu être tendu au-dessus d’une section choisie à quelques dizaines de mètres en amont, après une traversée du ruisseau risquée mais dès les premières mesures dans une profondeur d’eau de l’ordre de 40 cm et des vitesses supérieures à 2 m/s, après avoir évité de justesse des chutes qui auraient pu endommager le courantomètre, la tâche s’évérait trop dangereuse. Des jaugeages par dilution de traceur devront être préférés pour les opérations suivantes.
![]() |
| La tentative de jaugeage du ruisseau turbulent n'a pas abouti, les vitesses d'écoulement dans l'axe du flux dépassaient les 2 m/s. |
Pour un niveau du même ordre (62,5 cm), lu sur l’échelle le 02 mars 2024, le débit jaugé avait été de 900 l/s. Il est évident qu’il était bien plus important hier, s’approchant certainement du double, confirmant une profonde remaniement du lit aux abords de l’échelle limnimétrique et la nécessité de reprendre l’étalonnage tout au long de cette décrue.
Mardi 10 mars, un trio efficace se retrouvait au gouffre de Cabrespine, Henri, Alary et Jean-Claude. Alary renforçait l’équipe pour la troisième fois et maîtrise à présent la chronologie et la méthodologie des interventions techniques à la station de la rivière amont. Elle est systématiquement constituée de deux opérations successives ; le chargement des données de la sonde OTT-CTD comportant la mise à jour du niveau de référence et deux opérations comparatives de jaugeage avec du sel mesurées à l’aide d’un salinomètre. Il est tout à fait apte à manipuler les instruments. Henri et Jean-Claude devenus « petites-mains » l’assistaient en déversant la saumure quelques 50 m en amont. Le niveau de 124,8 cm était lu sur l’échelle et correspondait aux débits de 318 l/s puis 302 l/s, moyennés à 310 l/s pour renforcer la courbe d’étalonnage en cours.
![]() |
| Sous le regard attentif d'Alary, Henri alignee l'échelle sur la profondeur convenue. |
La fois précédente, l’échelle limnimétrique avait été emportée à l’atelier afin d’adapter le support au conditions des mesures. Précédemment face au courant, la largeur de l’échelle (12 cm) créait un « bourrelet » d’eau variable selon la vitesse de l'écoulement. Le nouveau support imaginé et conçu permet de présenter l’échelle de champ (1 cm) et donc de créer moins de perturbation. L’installation était réalisée sans encombre, le résultat est conforme aux attentes.
Nous avons pu bénéficier de l’aide du responsable du parc d’aventure de la grotte pour descendre nos outils et accessoires directement à l’aide d’une corde depuis la passerelle aérienne, l’acheminement au travers des trappes de l’échafaudage aurait été bien plus laborieux. Nous les remercions sincèrement.
Pour Jean-Claude, la journée était prolongée par un détour dans la vallée de l’Argent-Double dans le but de charger les données de la sonde Baro-Diver dans l’évent de Laïdoux. Elle enregistre la pression barométrique du lieu, abritée des variations thermiques qui affectent la justesse des mesures. Elle est utilisée pour compenser les valeurs de pression dans l’eau des sondes des avens du Chevreuil et de Bories-3. Après 5 années de suivi sans faille elle pourra être arrêtée car la station de la Croix de Citou a été équipée d’une sonde barométrique de haute précision par le CDS11.
Les deux sondes ont fonctionné simultanément du 3 février au 17 mars 2026. L’unité des données enregistrées à la Croix de Citou est le millibar, le centimètre pour la sonde de Laïdoux. En uniformisant en cmH2O les 2 chroniques, on calcule une différence moyenne sur la période de 44,4 cm qui devront être soustrais de la pression sous l’eau des chroniques Chevreuil et Bories-3 afin d’uniformiser les données depuis le début des observations.
Un arrêt rapide à la station des Passerelles permettait de
vérifier le fonctionnement de la sonde installée la veille alors que les
valeurs ne s’affichaient pas sur les graphiques TDS. Fabien doit mettre doit
régler ce problème de programmation à distance. La sonde provisoire
n’enregistre pas le conductivité électrique.
Dernier arrêt à Bibaud où l’Argent-Double a largement débordé en inondant la prairie, mais plus grave en submergeant le soubassement en béton sur lequel était situé le coffret de la sonde OTT-CTD. Le limon s’est infiltré dans l’armoire et pénétré dans le corps de lecture de la sonde. La lentille de téléchargement est embuée du côté interne, gênant peut-être la communication. La conséquence est un défaut de lecture des données acquises, le seul évènement enregistré est la première données du cycle, en juillet 2025. La remise en état et le nettoyage détaillé sera effectué à l’atelier, tout a été démonté et enlevé.







Commentaires
Enregistrer un commentaire